Le 3ᵉ trimestre 2024 qui s’achève révèle des résultats d’activité en promotion immobilière très contrastés, avec d’une part une situation historiquement sombre, mais d’autre part, quelques signaux faibles indiquant que les résultats médiocres et catastrophiques sont peut-être – enfin – davantage derrière nous que devant.
Les premières tendances montrent en effet que ce trimestre pourrait être le pire jamais enregistré à l’échelle nationale depuis plus de 30 ans : près de 10 000 logements auraient été réservés en promotion immobilière par les particuliers au cours des trois derniers mois, soit un recul de 15 %, portant le repli sur neuf mois à 20 % par rapport à l’année 2023. Sur une année glissante, le volume de logements réservés (qui pourrait préfigurer les résultats annuels de 2024) est désormais nettement inférieur à 50 000 logements. Par ailleurs, les mises en vente sont toujours en panne, avec un peu plus de 10 000 logements nouvellement commercialisés au dernier trimestre (soit une baisse de 29 % sur le trimestre et de 35 % depuis le début de l’année, par rapport à 2023). La relance massive de nouveaux programmes ne pourra se concrétiser qu’avec une reprise franche de la commercialisation, ce qui n’est pas encore le cas.
Cependant, certains signes positifs commencent à apparaître : après plusieurs trimestres de recul quasi ininterrompu et généralisé, certaines agglomérations françaises enregistrent une reprise d’activité ou, à minima, une stabilisation après leur chute vertigineuse. C’est notamment le cas du premier marché français, la région francilienne, où les réservations ont progressé de 2 % sur les neuf premiers mois de l’année, avec un peu moins de 11 000 unités. Ce volume reste certes éloigné des 16 800 logements réservés sur la même période en 2021, mais la tendance récente est encourageante. Cette progression des volumes se retrouve également dans les métropoles de Bordeaux et de Nantes sur les trois premiers trimestres, et la chute semble stoppée sur les marchés du littoral des Alpes-Maritimes ou de Toulouse Métropole. Toutefois, la situation demeure préoccupante dans d’autres zones, comme le Franco-Genevois, l’Eurométropole de Strasbourg ou Aix-Marseille, où les ventes sont encore en baisse de plus de 20 % depuis le début de l’année.
Trois questions persistent au vu de ces tendances après neuf mois d’activité en promotion : ces sursauts observés ici et là, encore modestes en termes de volume, sont-ils de simples rebonds techniques après avoir atteint des niveaux d’activité historiquement bas ? Sont-ils au contraire les premiers signes d’une reprise plus généralisée à l’ensemble des marchés ? Et si reprise il y a, quelle sera véritablement son ampleur et sa durée dans le contexte d’incertitudes encore importantes en cet automne 2024 ?