Category: FIL 22

  • Une offre commerciale à un niveau record, portée par le rebond des mises en vente, tandis que la demande reste hésitante

    Editorial Note de conjoncture

    Promotion Immobilière – 2ème trimestre 2026

    OREAL Bretagne – Cécile CARLO

    07/2026

    Au premier semestre 2026, près de 1 900 logements ont été réservés en Bretagne, soit une quarantaine de ventes de moins qu’à la même période en 2025 (-2 %). Cette apparente stabilité masque toutefois un ralentissement plus marqué au deuxième trimestre, avec 920 réservations, en baisse de 12 % par rapport au deuxième trimestre 2025. Depuis près de deux ans, le marché semble s’installer dans un nouvel équilibre, avec un volume de réservations qui oscille désormais entre 1 800 et 2 000 logements par semestre.

    À l’inverse, les mises en vente connaissent un rebond particulièrement marqué. Avec près de 3 600 logements commercialisés au premier semestre (+28 % sur un an), le marché atteint son niveau d’alimentation le plus élevé des huit dernières années. Cette dynamique se confirme au deuxième trimestre avec près de 1 950 mises en vente, soit une progression de 26 %.

    Ce rythme de production, supérieur à celui des ventes, se traduit mécaniquement par une hausse du stock disponible. Fin juin 2026, l’offre commerciale atteint près de 8 500 logements, un niveau inédit, en hausse de 17 % sur un an. L’offre livrée progresse également et représente désormais 526 logements, soit 6,2 % de l’offre disponible contre 5,4 % un an auparavant.

    Autre évolution notable : après une forte progression en début d’année, les retraits de commercialisation ralentissent. Au deuxième trimestre, 175 logements ont été retirés de la vente, soit une baisse de 19 % par rapport à la même période de 2025.

    La structure de la demande évolue également. Pour la première fois depuis deux ans et demi, l’investissement locatif repart à la hausse.

    Avec 614 logements réservés, soit une progression de 17 %, il représente désormais 32 % des réservations, contre 27 % un an plus tôt. À l’inverse, l’accession libre poursuit son repli avec 735 ventes, soit une centaine de moins qu’au premier semestre 2025. L’accession aidée demeure quant à elle relativement stable, autour de 550 à 600 réservations par semestre.

    Ces tendances se retrouvent sur la plupart des grands marchés bretons. Les réservations reculent de 13 % à Rennes Métropole, 26 % à Saint-Malo Agglomération, 8 % à Golfe du Morbihan – Vannes Agglomération, 41 % à Brest Métropole et 27 % à Saint-Brieuc Armor Agglomération, tandis que Lorient Agglomération enregistre une légère progression (+9 %). Dans le même temps, les mises en vente augmentent fortement : +75 % à Rennes Métropole, +40 % à Saint-Malo, +27 % à Vannes et +66 % à Lorient.

    Enfin, les prix poursuivent leur ajustement. En collectif libre, stationnement compris, le prix moyen des logements réservés passe d’environ 4 900 €/m² à 4 760 €/m² entre les premiers semestres 2025 et 2026 (-2,5 %). Les prix à l’offre semblent désormais se stabiliser, légèrement en dessous de 5 000 €/m² à l’échelle régionale. Le premier semestre 2026 fait apparaître un marché à deux vitesses. Les opérateurs retrouvent une dynamique de mises en vente, témoignant de leur volonté de préparer les besoins futurs en logements. Dans le même temps, la demande demeure insuffisamment dynamique pour absorber cette production. Il en résulte un niveau d’offre inédit, dont l’évolution au cours des prochains trimestres constituera un indicateur déterminant de la capacité du marché breton à retrouver un nouvel équilibre.

  • Une offre disponible record, portée par une reprise des mises en vente, dans un contexte de commercialisations toujours contraintes

    Editorial Note de conjoncture

    Promotion Immobilière

    OREAL Bretagne 04/2026 – Cécile CARLO

    Après deux années de fort ralentissement, le début de l’année 2026 marque un changement pour la promotion immobilière en Bretagne, avec une reprise des mises en vente, après une période prolongée de faible activité. Sur le premier trimestre, plus de 1 600 nouveaux logements sont venus alimenter le marché , soit le meilleur premier trimestre depuis sept ans et une hausse significative par rapport au 1er trimestre 2025 (+29%). Cette dynamique confirme la tendance observée en fin d’année 2025 et traduit un regain de confiance progressif des opérateurs, dans un contexte national encore contraint.

    Pour autant, les ventes nettes ne progressent qu’à un rythme modéré, confirmant le décalage persistant entre le niveau de l’offre et la capacité d’absorption du marché. Avec 922 réservations au 1er trimestre 2026, l’activité progresse légèrement (+2% sur un an), mais reste située à un niveau moyen par rapport à l’activité observée depuis 3 ans. Le rebond espéré de la demande peine donc à se matérialiser pleinement, contraint, notamment par un contexte bancaire incertain.

    La structure de la demande continue d’évoluer. Les ventes aux investisseurs représentent désormais 27% des réservations, une proportion nettement inférieure aux standards d’avant‑crise, et l’impact du dispositif Jeanbrun reste encore peu identifiable à ce stade. À l’inverse, les propriétaires occupants portent l’essentiel de la reprise, avec une progression sensible des ventes en accession aidée, notamment en PSLA, qui concentre désormais plus de la moitié des ventes aidées, portées par une activité plus diffuse sur le territoire et moins centralisée dans les grandes agglomérations dans un marché où la demande reste fragile.

    Conséquence directe d’une reprise de l’alimentation plus rapide que celle des ventes, le stock de logements disponibles atteint un niveau record, avec plus de 7 200 logements à la vente à fin mars 2026, soit près de 24 mois d’écoulement théorique. L’offre livrée, bien que restant minoritaire, progresse rapidement et constitue un point de vigilance pour les trimestres à venir.

    Dans ce contexte, les prix montrent des signes d’ajustement. Le prix moyen des ventes en collectif libre s’établit autour de 4 790 €/m² parking inclus, en baisse d’environ 3% par rapport au 1e trimestre 2025, tandis que les prix de l’offre poursuivent leur repli progressif (-1%). Cette évolution traduit les efforts consentis par les opérateurs pour s’adapter aux nouvelles contraintes de solvabilité des ménages, même si les écarts restent limités.

    Point d’attention complémentaire, on constate une augmentation rapide du nombre de logements retirés de la vente passant de 120 au 1e trimestre 2025 à près de 400 sur ce seul 1e trimestre 2026. Bien que sous les niveaux observés en 2023 et 2024, cette dynamique montre encore les difficultés rencontrées par les opérateurs.

    A l’échelle locale, les situations sont plus contrastées. Rennes Métropole, bien qu’encore centrale, ne représente plus que 29% des ventes régionales, contre 54% en 2019, tandis que les marchés secondaires gagnent en importance et concentrent désormais 44% des réservations bretonnes. On observe donc une réorganisation de l’activité sur son territoire portée par une demande majoritairement d’acquéreurs occupants plus diffuse. Cette évolution confirme un éclatement géographique plus marqué du marché, reflet d’un étalement de la demande en dehors des seules zones tendues.

    Ainsi, ce premier trimestre 2026 esquisse davantage un ajustement de phase qu’un réel retournement de cycle, avec une offre qui redémarre plus nettement que la demande. Le marché reste en attente d’une meilleure lisibilité et d’une stabilité des taux d’emprunt permettant aux acquéreurs de franchir le pas.